неделя, 26 март 2017 г.

Conférence francophone internationale "Etat de droit, droits et sécurité humaine dans une époque d'incertitude"

Le 20 mars, la Journée internatonale de la francophonie, une conférence francophone internationale autour du sujet  Etat de droit, droits et sécurité humaine dans une époque d'incertitude (ПРАВОВА ДЪРЖАВА, ПРАВА И ЧОВЕШКА СИГУРНОСТ В ЕПОХА НА НЕСИГУРНОСТ) s'est tenue au au Ministère des affaires étrangères de Bulgarie. Des chercheurs de cinq pays francophones (France, Suisse, Bulgarie, Serbie et Canada) sont intervenus.

Déclaration de Bamako : Adoptée lors du Symposium International sur les pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone (1er-3 novembre 2000, Bamako, Mali), la « Déclaration de Bamako » est le texte normatif et de référence de la Francophonie dans ces domaines.
Elle dote la Francophonie de moyens d’action en cas de rupture de la légalité démocratique, ou de violation grave des droits de l’homme dans un de ses pays membres. Source : https://www.francophonie.org/Declaration-de-Bamako.html
De gauche à droite : Eric Lebédel, Iliyana Yotova, Anna Krasteva, Michail Savov et Rennie Yotova

Voici quelques impressions des interventions des différents conférenciers.

Tanasie Marinković (Université de Belgrade) a parlé des réponses constitutionnelles aux défins sécuritaires.

De gauche à droite : Tanasie Marinković (éclipsé), Pascal Beauvais, Anna Krasteva et Guéorgui Médarov

Pascal Beauvais de la Commission nationale consultative des droits de l'homme de France a présenté les défis devant la justice pénale en matière de terrorisme. Il a tout d'abord évoqué le fait que le terrorisme en France ne date pas d'hier. L'Hexagone a connu d'abord le terrorisme d'extrême-gauche, ensuirte celui d'extrême-droite (Corse, Pays basque) et le terrorisme islamiste, dont la première éclosion a au lieu en 1986. Le terrorisme en tant que tel sort de la juridiction du droit pénal. Il s'agit d'un droit pénal spécial qui se concrétise, par exemple, dans la possibilité d'une détention prolongée. Il repose sur la notion d'anticipation des malfaits. Après l'attentat contre Charlie Hebdo, on débattait en France autour de la question si la France disposait d'un système légal assez performant pour aller au-devant de la crise. La réponse prépondérante était positive : la France avait une forte expertise dans le domaine, il fallait surtout rester calme. Après les événements du Bataclan et surtout ceux de Nice, on a introduit un état d'urgence et on a décidé d'un passage de la justice horizontale vers la verticalité, l'anticipation des risques. On a institué une nouvelle figure judiciaire, une nouvelle instance - le juge de liberté - qui a pour mission de contrôler les enquêtes.

Guéorgui Médarov (Université de Sofia) a soulevé la question du mélange, plutôt négligé, entre autoritarisme et libéralisme, qui s'opère dans les discours des hommes politiques bulgares, entre autres. Ainsi, selon le chercheur, le prétendu autoritarisme des orateurs nationalistes comme Volen Siderov ou les leaders du Front patriotique, entre autres, comporte bien des éléments libéralistes : par exemple, la formation de milices béénvoles qui surveilleraient les migrants ou bien les frontières lors des élections bulgares.

De gauche à droite : Herrick Mouafo, Pierre Noreau, Antoni Todorov et Jean-Daniel Biéler


Jean-Daniel Biéler, conseiller auprès du Département fédéral des affaires étrangères de la Suisse, a évoqué la perte de valeurs, la perte de repères moraux communautaires qui serait à l'origine des phénomènes liés au terrorisme islamiste contemporain. Ainsi, selon le chercheur, les problèmes de l'islamisme sont d'une nature endogène, interne aux sociétés occidentales. Il a également distingué deux types de migration : la migration en-dehors des frontières nationales et la migration "interne", celle qui fait changer notre monde intérieur, celle qui nous fait migrer en restant à la même place. En réponse à cette affirmation, le modérateur Antoni Todorov a rappelé l'idée selon laquelle ce n'est pas l'islam qui se radicalise mais c'est bien le radicalisme qui s'islamise.

Pierre Noreau (Centre de recherche en droit public de l'Université de Montréal) a présenté une étude statistique auprès de répondants à Montréal qui étudiait les attitudes des Montréalais à l'égard d'un certain nombres de phénomènes liés au terrorisme islamiste. Dans cette études, l'équipe de recherche a délimité un groupe de "réfractaires", soit ceux qui sont rétifs à tout changement, qui appréhendent tout avec une certaine inquiétude ou méfiance. Parmi les nombreuses conclusions, il a cerné aussi l'attitude selon laquelle la loi représente quelque chose d'immuable, de monumental qui ne devrait en aucun cas changer. C'est bien les mentalités, les pratiques sociales qui doivent évoluer, mais non les textes légaux. J'ai trouvé que cette disposition d'esprit d'accorde bien, en fait, avec la notion canadienne d'accommodement raisonnable, mais je n'ai pas eu la possibilité de poser la question. M. Noreau a également abordé la question du port des signes religieux et plus particulièrement le fait (qui à première vien paraît étonnant) que la croix est considérée comme moins dérangeante que le hujab ou le turban. Le terme d'ostentatoire m'est alors venu l'esprit - s'agirait-il d'une logique de la visibilité, du volume pur et simple ou faudrait-il chercher plus loin ?

Herrick Mouafo (Modus Operandi, Université Pierre Mendés France - Grenoble) a présenté sa recherche doctorale qu'il allait soutenir dans quelques jours. Son exposé portait sur la transformation des conflits comme une voie moyenne entre la réponse immédiate et les stratégies de longue durée. Il a cerné une posture que l'on pourrait résumer par l'idée que "comprendre n'est pas excuser", en sappuyant sur la lecture par Jacques Derrida du Pharmakon : le remède, le poison et le bouc émissaire. Selon le chercheurs, nos politiques sécuritaires sont basées sur le conflit. Il a aussi évoqué l'éthique postmoderne de Bauman (cf. tout produit du bien et du mal). Au cours de la discussion qui a suivi l'intervention d'Herrick Mouafo, le nom de Normand Baillargeon a émergé, à propos du besoin d'une autodéfense intellectuelle contre la manipulation.

Anna Krasteva a rappelé qu'un jeune ne se radicalise pas à la mosquée mais bien sur Internet. Elle a insisté sur le dénominateur commun entre la jeunesse verte, écologiste et la jeunesse noire, terroriste - c'est l'attitude contestataire.



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